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Skiff Cup Sanguinet 2017

Comme chaque année, la Skiff Cup de Sanguinet avait lieu le week-end du 1er novembre. De mon humble avis, c’est la régate incontournable de la saison ; la meilleure à tous les niveaux : l’accueil tout d’abord y est simple, sans chichis, avec une véritable gentillesse de la part des nombreux bénévoles, organisateurs et gens du comité ; le nombre important de participants donne une densité sur les départs et les phases de contact permettant d’inscrire le jeu de la régate dans une autre dimension ; le plan d’eau à la fois sécurisant et très tactique au vu des effets de site…

 

Pour toutes ces raisons, et pour d’autres plus contextuelles, j’avais beaucoup de mal à supporter l’idée de ne pas en être !!! Pourtant, trois jours avant, et malgré mes appels insistants et désespérés, aucune solution ne semblait s’esquisser. Bateau vendu, pas d’équipier ni d’embarquement potentiels, ça sentait la déprime. Puis, Pierre me propose de charger le RS400 du Captain sur la remorque double du CNM, de m’emmener le bateau et son frère à mettre dedans. Paul n’ayant jamais fait de dériveur hormis un petit tour de laser sur la Dordogne et n’étant pas licencié, il a fallu être très réactif : certificat médical, licence, trouver de l’équipement à sa taille, préparer et charger les bateaux, modifier la largeur de la remorque… un énorme merci à l’équipe de Zacmau (Guy, Dédé, les deux Pierre…) ! De mon côté, et à quelques 600 kms de là, je compile quelques documents sur le 400 que je ne connais pas du tout… hormis un petit tour sur la Dordogne (quel centre de formation cette rivière n’est-ce pas ??!!!)

On se retrouve à Sanguinet à la nuit tombée vendredi soir pour établir notre campement de voitures-dortoirs et partager quelques bières. La matinée du samedi est consacrée aux confirmations d’inscription et à la préparation des bateaux. Après quelques heures à trouver un réglage cohérent à cause notamment d’un sertissage de haubans complètement tordu rapidement redressé par mon forgeron d’équipier, et au moment où la tension sur la plage commence à monter, on s’aperçoit que sans vît-de-mulet ça va être beaucoup plus compliqué ! En assemblant une pièce de VdM de 4000 avec une autre de pousse-bas et avec un boulon et deux contre-écrous, nous résolvons finalement le problème, merci Gab et Stéphan ! Avec Paul, nous espérions naïvement faire un petit tour de bateau le matin pour dégrossir quelques manœuvres mais que nenni, ce sera tout à l’arrache ! Fort heureusement la météo n’est pas trop violente et le 400 semble très tolérant.

Le convoyage jusqu’au rond de course nous sert de galop d’initiation. Quelques virements, quelques empannages histoire de repérer la couleur des bouts et c’est parti pour la première course. On part tranquillement au comité car de toute manière, vu la vélocité du bateau, autant ne pas se faire couvrir tout de suite. Manifestement, ce sera des départs au comité, et avec Marie et son D-One, pour toute la régate ! On s’attend clairement à ramasser les bouées, on espère juste ne pas trop faire attendre pour les manches suivantes. Conclusion de cette première expérience : au près, nous ne sommes pas trop loin des 4000 ; par contre on se fait déboîter au portant ! Lors des seconde et troisième courses, Paul ayant intégré rapidement l’essentiel de son job, j’arrive à sortir un peu plus la tête du bateau et mon compas se rappelle à mon bon vouloir. C’est tordu mais il y a pas mal de coups tactiques à jouer. On se retrouve au contact de la flotte, souvent dans les mêmes options que Marie d’ailleurs, et c’est génial. Résultat de la journée : 28/24/11. Cool, on est content.

Dimanche, le départ est repoussé à 13h et les conditions sont sensiblement identiques. Le petit medium tant détesté des 4000 est un vrai cadeau sur ce bateau. Départs toujours au comité et bords de près corrects selon l’inspiration du placement. Par contre, on tient un peu mieux sous spi, on trouve plus facilement les angles de descente et on joue la glisse en travaillant les vagues. Résultat du jour : 11/26/15. Cool, on est toujours content. On est 21 au général et devant presque tous les 4000, …inespéré.

On sait qu’avec la météo prévue le lundi, nous pourrons juste tenter de « sauver les meubles ». Ce sera pire que l’on imaginait. Un vrai cauchemar à tous les niveaux. Dans plus de quinze nœuds de vent, le 400 est intenable au près pour nos 150 kg de rappel. J’ai beau m’échiner à trouver les bons réglages, je suis obligé de marsouiner. Donc on se fait laminer au portant mais aussi au près. Malgré tout, la tolérance du bateau nous permet de rester à l’endroit mais c’est sans compter sur l’esprit taquin de nos amis mauzacois qui nous envoie au tas sur un beau refus. Paul passe à l’eau et le temps que je retourne le chercher tout seul, il a naïvement demandé assistance à un zod’ de la sécurité. Donc DNF sur la seconde course du jour. S’en suivra un empilement d’emmerdes et une descente incontrôlable dans la spirale infernale de la loi de Murphy : des écoutes de spi qui se font la malle, Polo allonger sur le pont à tenter de les remettre, moi tout seul au rappel à faire un fucking près pendant des lustres ; évidemment ça torche à l’envoi, obligé de laisser repartir une écoute par l’avant pour au moins spier une demi-descente ; une grosse claque qui nous oblige à abattre de 40° au moment de viser la porte sous le vent qu’inévitablement on ne peut plus passer, affalage et remontée au près pour passer cette fucking bouée…. ETC. Fucking day ! Bon de toute façon, je n’ai jamais aimé les lundis, c’est le jour de la reprise de l’école ou du boulot ! Alors résultat : 4 courses pourries en queue de flotte.

Pour le dernier jour, les conditions devraient nous être plus favorables et nous espérons reprendre quelques places. Sur zone, le vent est là mais peine à se stabiliser. Il me semble qu’en temps normal, le comité aurait au moins lancé une ou deux courses, mais National Forty et FX oblige, ce sera, après avis des entraineurs, un retour à terre. Dommage.

À titre personnel, j’ai vraiment passé quatre jours exceptionnels à tous les niveaux. Je voulais être là à tout prix et j’ai eu raison. J’avais peur d’être ridicule et je craignais d’entrainer Polo dans une débâcle digne des grands moments du CNM. Je ne connaissais pas le 400 ; Paul n’avait jamais navigué ; je n’avais plus barré en régate depuis au moins cinq années… Au final, nous n’avons pas été trop risibles (enfin je ne crois pas !), Paul a ingurgité une quantité d’informations à une vitesse incroyable et s’est révélé être un équiper génial à tous les niveaux ; j’ai pris un immense plaisir à reprendre la barre ! Tout bénéf’ tout ça.

D’un point de vue général, la qualité de l’accueil qui règne en maître-mot sur cette manifestation est toujours prodigieuse. Le repas des coureurs est de très loin le meilleur et puis tout le reste : le café gratuit à volonté le matin, les pâtes le soir, les châtaignes, la gentillesse, les potes de la classe 4000 qui me donnent l’impression de n’avoir jamais quitté cette fratrie…

Je terminerais juste avec un remerciement répété et appuyé à tous ceux qui se sont démenés pour que je ne reste pas sur la plage et un très gros bisou à mon équipier qui a vraiment tout donné ! Bravo Polo, t’as été top !

Vivement l’année prochaine !

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